DUERP boulangerie-pâtisserie : les risques du fournil à évaluer (farine, fours, machines)
Farine, pétrin, laminoir, fours, sacs de 25 kg, travail de nuit : les risques à inscrire dans le document unique d'une boulangerie-pâtisserie, unité de travail par unité de travail.
Farine en suspension, fours à plus de 250 °C, pétrins et laminoirs, sacs de 25 kg, nuits qui commencent à 3 heures du matin : une boulangerie-pâtisserie concentre beaucoup de risques dans un petit espace. Dès le premier salarié ou le premier apprenti, le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est obligatoire. Voici les risques que votre document unique de boulangerie doit couvrir, unité de travail par unité de travail, avec des mesures de prévention réalistes pour un artisan.
Les unités de travail d'une boulangerie
Avant de lister les risques, découpez votre établissement. Pour une boulangerie artisanale, on retient en général :
- le fournil : pétrissage, façonnage, fermentation, cuisson ;
- le laboratoire de pâtisserie, s'il est séparé ;
- la réserve et la réception des livraisons : sacs de farine, matières premières, chambre froide ;
- la boutique : vente, caisse, mise en rayon ;
- les tournées ou livraisons, si vous en faites.
Chaque unité a ses propres risques. C'est ce découpage que l'inspection du travail s'attend à retrouver dans votre DUERP.
1. La farine : le risque respiratoire n°1 du boulanger
La poussière de farine est la première cause de maladie professionnelle dans le métier. Elle provoque rhinites et asthme du boulanger, reconnus comme maladies professionnelles. Les améliorants et les enzymes ajoutés aux farines aggravent le risque allergique.
Prévention : verser la farine doucement et au plus près de la cuve, couvercle ou capot sur le pétrin, démarrage du pétrin en vitesse lente, fleurage limité et à la main plutôt qu'au tamis secoué, nettoyage par aspiration et jamais à la soufflette ni au balai à sec, visite régulière à la médecine du travail.
2. Les machines : pétrin, façonneuse, laminoir, trancheuse
Les accidents les plus graves en boulangerie viennent des machines. Le laminoir et le pétrin peuvent happer une main, la trancheuse à pain coupe.
Prévention : protecteurs et arrêts d'urgence en place et vérifiés, interdiction de retirer un capot en marche, machine arrêtée et débranchée pour le nettoyage, formation de chaque nouvel arrivant au poste. Pour un apprenti mineur, l'utilisation de certaines machines relève des travaux réglementés : une déclaration de dérogation auprès de l'inspection du travail est nécessaire.
3. Les fours et les brûlures
Enfournement, défournement, plaques et grilles brûlantes, vapeur à l'ouverture de la porte : les brûlures sont quotidiennes.
Prévention : gants thermiques longs à disposition près de chaque four, pelles et chariots d'enfournement en bon état, consigne de recul à l'ouverture d'un four à buée, entretien périodique des fours et des installations gaz.
4. Le port de charges et les troubles musculo-squelettiques
Sacs de farine de 25 kg, bacs de pâte, chariots de fermentation, façonnage répétitif, station debout prolongée : les troubles musculo-squelettiques (TMS) s'installent avec les années.
Prévention : diable ou chariot pour les sacs, stockage à hauteur de hanches, livraisons en sacs plus légers si votre meunier le propose, plan de travail à la bonne hauteur, alternance des tâches entre façonnage et cuisson.
5. Les chutes sur sol fariné ou mouillé
La farine au sol rend le carrelage glissant, surtout mélangée à de l'eau. Les allées encombrées de chariots ajoutent le risque de heurt.
Prévention : chaussures de sécurité antidérapantes, nettoyage régulier pendant la production, circulation dégagée entre pétrin, tours et fours.
6. Le travail de nuit et les horaires décalés
Commencer la nuit, enchaîner six jours sur sept, dormir le jour : la fatigue augmente le risque d'accident au fournil et sur la route du retour.
Prévention : planning connu à l'avance, temps de repos respectés, pauses réelles pendant la production, suivi médical adapté au travail de nuit. Pour les apprentis mineurs, le Code du travail encadre strictement les horaires de nuit : vérifiez les règles applicables avant de les planifier.
7. Le froid et la chaleur
On passe de la chambre froide ou de la chambre de pousse contrôlée au fournil surchauffé, l'été au-dessus de 30 °C.
Prévention : veste pour les passages en chambre froide, ouverture intérieure de la chambre froide vérifiée, eau fraîche à disposition, ventilation du fournil entretenue.
8. Le risque électrique et incendie
Fours électriques ou au gaz, friteuses à beignets, matériel nettoyé à l'eau : la combinaison électricité, chaleur et humidité demande de la vigilance.
Prévention : vérification périodique des installations électriques, extincteurs adaptés et salariés formés à leur usage, dégagement autour des fours.
9. Les produits de nettoyage
Dégraissants pour fours, désinfectants, détartrants : brûlures chimiques et vapeurs irritantes.
Prévention : gants et lunettes pour les produits concentrés, fiches de données de sécurité accessibles, produits stockés loin des matières premières, jamais de mélange javel et détartrant.
10. La boutique : caisse, agression, rythme
En vente, les risques sont différents : station debout, pics d'affluence le matin et le midi, manipulation d'espèces, clients parfois agressifs.
Prévention : tapis anti-fatigue derrière le comptoir, fond de caisse limité, procédure en cas d'incivilité, renfort aux heures de pointe.
Coter les risques et bâtir le plan d'actions
Pour chaque risque, évaluez la probabilité et la gravité, puis classez-les par priorité. Le DUERP doit déboucher sur une liste d'actions de prévention avec un responsable et une échéance. Notre méthode en 5 étapes détaille cette cotation.
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À quel moment le mettre à jour ?
Nouveau four, nouveau pétrin, embauche d'un apprenti, ouverture d'un deuxième point de vente, accident au fournil : chacun de ces événements impose de mettre à jour le DUERP. Un document qui ne bouge pas pendant des années ne vous protège plus en cas de contrôle ou d'accident.
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